Le refuge de l’association « La Tortue Soleil »

 

Pour ceux qui n’auraient pas participé à nos réunions départementales de Cabriès, Bédarrides et Nice, je voulais vous informer que depuis mars 2009, nous avons créé un refuge pour des tortues abandonnées par des éleveurs, trouvées blessées sur le bord de la route, confiées par la DDPP, ou simplement saisies par les Douanes sur le Port de Marseille, ces dernières arrivant clandestinement, et illégalement sont vouées à une mort certaine : « EUTHANASIE ».

 

Nous les prenons en charge, pour les faire adopter.

Après leur acclimatation, un suivi de comportement,  un bilan de santé complet, avec l’aide d’un vétérinaire spécialisé, depuis leur arrivée, jusqu’à leur départ, certifiant leur bonne forme, nous les proposons, à des personnes aimantes et respectueuses d’une maintenance parfaite, possédant une Autorisation de Détention Préfectorale (ou ADP).

 

Il reste à ce jour 92 tortues à adopter, dont des sub-adultes et des juvéniles.

Pour ceux qui veulent avoir la joie de voir grandir de petites tortues, sans avoir le souci de reproduction et de soins aux nouveaux nés, je vous conseille d’en adopter, étant petites et rondes comme des billes, elles sont craquantes, ont l’habitude de se précipiter, en vous voyant, car vous êtes la « mère nourricière »

Nous ne pourrons céder ces tortues qu’à des personnes ayant déposé un dossier de demande d’Autorisation Préfectorale de Détention.
Ces tortues ont hiberné naturellement dans le refuge et la surveillance permanente de leur comportement et de leur poids, me permet d’affirmer qu’avec de bonnes conditions, ces mauresques peuvent très bien vivre sans souci dans notre région.


C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai vu partir 12 carapaces adoptées le dimanche 10 avril 2011.

Deux autres mauresques ont été adoptées en juillet 2011, je vous confirme que cet adoptant vient de donner de bonnes nouvelles de « mes protégées » ce qui m’a fait un énorme plaisir.

D’’ailleurs, je regrette un peu de ne pas savoir ce que deviennent les autres, toute tortue passant au refuge ayant été surveillée, nourrie et souvent soignée longuement, pour des blessures ou autres complications dues à leur transport illégal, prend une grande place dans mon cœur et c’est avec tristesse que je les vois partir.

Ma seule satisfaction est de les avoir cédées en bonne santé et avec l’espoir qu’elles seront aussi choyées que dans le refuge.

 

 

HISTORIQUE

 

Mars 2009

Une importante saisie des Douanes nous met devant une situation difficilement acceptable.

 

Ces tortues, de la plus petite de 8 grammes et 3 centimètres de longueur, à la plus grosse, une adulte de 273 grammes (poids nettement inférieur à celui qu’elle devrait au vu de sa taille), seront « détruites » si personne ne les prend en charge,  car les renvoyer dans leur pays d’origine, n’est pas possible.

 

· D’où arrivent-elles ?

· Où les renvoyer ?

· Le « passeur » les a-t’il prélevées dans un secteur bien précis ?

· On ne sait jamais !!!

· Un « élevage » au Maghreb, pour l’export, tient-il compte des différents taxons, sont- elles des hybrides de plusieurs sous espèces ?

· Les Douanes n’ont que peu de renseignement, le mutisme des trafiquants étant bien souvent leur défense, et malheureusement ne sont pas punis très fortement, comme le prévoit la loi !!!!

· Les rendre au capitaine du bateau pour un retour, les exposeraient, soit à une remise dans le circuit, soit tout simplement et c’est souvent le cas, à être jetées à la mer, sans autre forme de procès.

Il nous donc fallu, créer des enclos rapidement, en tenant compte des âges, et des sexes des arrivantes.

Donc : enclos pour adultes, sub-adultes et bébés, plus un enclos d’isolement, vite transformé, en enclos pour l’unique femelle, lors de sa venue, pour éviter de la progéniture.

En attendant la construction des enclos, il a fallu les installer dans divers terrariums avec lampes UVB Power Sun, et chauffantes pour la nuit.

Pour les tortues saisies en octobre et novembre 2009, ces terrariums en grande quantité, ont été installés dans l’infirmerie, un chauffage d’appoint à du être rajouté, car en hiver, cette pièce est plutôt fraiche.

Tout au long de l’année 2009 et 2010, nous avons vu arriver des tortues déshydratées, souillées d’excréments, envahies de tiques, et surtout de vers, au point de ne plus s’alimenter, les intestins encombrés, des gavages à la sonde gastrique ont été nécessaires pour plusieurs d’entre- elles.

D’autres ont développé des pneumopathies, (complications d’infestation massive de vers) heureusement, un grand nombre a survécu avec des soins acharnés.

Certaines ont été brûlées lors du « voyage » dans des blocs moteurs de camions ou les passages de roues.

Des kystes sous la peau fine des pattes et du cou ont dû être extraits, peut-être des cohabitations avec des cactus aux épines très longues ?

Chaque tortue, une fois soignée, alimentée et guérie, sort de l’infirmerie, est mise en enclos.

Des fiches de suivi avec poids chaque mois, taille (longueur/largeur) et photos d’identifications chaque année, sont faites.

Un cahier de soins vétérinaires avec fiches, au jour le jour, pendant le traitement, est aussi indispensable pour « les antécédents » au cas où une nouvelle pathologie se révélerait, et surtout s’assurer qu’au cours de leur séjour toute complication est définitivement écartée.

 

Mon amour pour ces tortues « à problèmes » étant plus grand, (le fait de soigner une tortue pendant très longtemps provoque un attachement), j’avoue les adopter moi-même. !

 

Il va sans dire qu’il a fallu trouver un grand terrain, construire d’autres enclos, à ce jour nous avons 15 enclos pour adultes, sub-adultes, juvéniles et 3 enclos pour bébés.

 

Les mesures sanitaires sont respectées rigoureusement.

Pas de passage d’un enclos à l’autre sans changer de chaussures !

Lavage des mains impératifs, plus désinfections avec produit employés dans les hôpitaux.

Enclos fermés à clefs pour éviter les intrusions de personnes qui viennent au refuge, sur-chaussures obligatoires avant !

 

En ce qui concerne la maintenance, les Mauresques ont des cabanes isolées à double paroi avec du polystyrène de 4 cm.

Les Hermann ont des cabanes « normales »

Les points d’eau lavés, eau changée tous les soirs (remplis en cas de grande chaleur, plusieurs fois par jour, en cas de Mistral également !)

Ils sont brossés à la Javel une fois par semaine.

 

La nourriture se compose essentiellement d’herbes sauvages plantées dans les enclos (repiquages de semis) plus un « potager tortues » à l’extérieur.

 

Plantain, roquette, trèfle, pissenlits, crépis, sédums, althaeas, capucines, etc.  .

 

En cas de disette, les mois de juillet, août, septembre : mâche, endives et frisées sont alors employées, soignesement lavées.

 

Ne pouvant transporter toutes les tortues chez le vétérinaire spécialisé, celui-ci se déplace une fois l’an pour une visite complète des tortues à la sortie de l’hibernation, seules les urgences sont déplacées dans de bonnes conditions.

Ce travail est astreignant, long, pénible, gérer plus d’une centaine de tortues à plein temps, dans de bonnes conditions, demande beaucoup de sacrifices, mais l’amour des tortues étant plus fort que tout, je m’y attache avec plaisir, ce qui me manque ceux sont les moyens financiers.

Construire, planter, innover, penser mieux et plus pour les enclos sont la partie immergée de l’iceberg, il ne faut pas oublier les dépenses non chiffrables, eau, électricité, matériel d’infirmerie (multiples terrariums et lampes, seringues, médicaments divers, pour les inhalations etc.) l’essence pour aller chercher les tortues saisies,  les transports chez le vétérinaire spécialisé qui est assez loin, les factures de « confort » : alèzes jetables pour les terra d’infirmerie, les vermifuges, les produits de gavages, (petits pots pour bébés et autres.)

Sans oublier le chauffage d’appoint pour l’infirmerie, qui est ce jour, (occupée par une tortue malade) et le réfrigérateur pour stocker les bonnes herbes sauvages lorsqu’il m’arrive d’en ramasser beaucoup, ou les aliments achetés en été.

 

Il est impossible pour moi de tout chiffrer, garder des facturettes  pour notre trésorière afin de me faire rembourser la moindre petite chose, ne serait ce que de la paille pour les cabanes,  est un travail de fourmi qui ne convient pas à mon organisation, quand il faut quelque chose pour le refuge, j’achète comme si c’était pour mon élevage personnel et « basta !! »

Nous avons demandé des subventions qui nous été refusées, qu’importe la vie des tortues.

Pourtant la protection de la faune sauvage est au goût du jour, nos bestioles ne sont pas aussi grosses qu’un éléphant, ou une sulcata  donc ….

Peut-être qu’ils ne les voient pas ?

 

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